mercredi 15 août 2018

Vendredi 10 août : Touda, le lodge au nom de princesse berbère 
Un brin de mélancolie 
Le sentiment d’appartenance à la caravane commence à peine à se construire que déjà c’est fini. On arrive au terme du trek: la vallée des Ait Bougmez.
C’est donc avec un sentiment mitigé que l’on rejoint Touda le lodge de Saïd .
C.est une maison qu’il a fait construire sur un promontoire avec des matériaux et des méthodes traditionnelles.Il gère depuis la France, Ahmed le fils du chef du village( et accessoirement dentiste de la vallée )dirige avec Nedjma et Fatima les fées des lieux.
C’est très beau et finalement on va se laisser envoûter par ce lieu.
Les repas
Le flan aux légumes nous est servi devant la baie vitrée, vue sur le bas de la vallée des Ait Bougmez, vert et rouge dominent .On distingue les femmes au champ qui forment de multiples taches colorées . Les parcellles dessinent un patchwork. C’est le petit Tibet pour un tintinophile comme moi.































Fatima et Medja sont deux berbères célibataires qui ont refusé quinze demandes en mariage et semblent très heureuses au sein de Touda. On comprendra mieux après notre promenade dans la vallée.

Samedi 11 août 
Après le petit déjeuner, on fait le tour des villages de la 
vallée des Ait Bougmez accompagnés de notre Brahim . Saïd, mon contact pour le voyage a reconstitué une maison traditionnelle qui fait office d’écomusée .Il y stocke aussi les tapis en laine tissés à la main par les femmes de la vallée. On aimerait bien en ramener mais le transport semble compliqué ou cher. A voir.

On poursuit à travers les canaux d’irrigation qui sont dégradés ce qui arrache des exclamations. à Brahim quand il voit les siens bouchés.L’orage a frappé la vallée.
On croise des vacanciers, émigrés à Rabat ou Casa, ils retrouvent la famille pour l’été. On assiste à un émouvant départ, la moitié du village dans la rue salue les partants.
On arrive à la rivière Oulmzi . Les femmes du village font leur grand nettoyage en prévision de l’Aid qui a lieu le 22 août .Les tapis trempent dans l’eau et sont frappés avec des espèces de battoirs. Pendant des heures, elles répètent ce geste avant de les mettre à sécher sur les buissons alentour. Et enfin, de les rapporter sur le dos jusqu’au dar.
Ce sera l’heure de couper l’herbe pour la vache familiale qui vit ici enfermée, les potagers étaient trop tentants pour les ruminants.





















Quelle âpreté pour la vie de ces femmes?
Et les hommes, me direz-vous? Ils sont à la montagne et gardent les troupeaux.
Bon choix. Ils sont plus tranquilles et se retrouvent le soir sous les tentes pour chanter ensemble.Pas de revendication pour l’instant.
Et vous comprendrez pourquoi Fatima et Medja préfèrent rester célibataires et au gîte.
En ce moment, les pommiers et la luzerne sont les produits agricoles les plus présents car les cours sont intéressants.
Après le repas, on profite des jeux de société et Paloma 
nous plume au jeu de cum .Cet après-midi, nous allons au hamam de Touda qui est aussi celui du village. Il est chauffé depuis ce matin et tout le personnel en a fait usage. Nous sommes autorisés à y aller les quatre ce qui demeure exceptionnel du moins sans produire de certificat de mariage. 
Savon noir, gant de crin pour une peau de bébé. Tout cela pour vous dire que Touda devient notre cocon.
Le repas du soir finit de nous achever avec un tajine de chevreau, pruneaux et amandes précédé d’une soupe carottes/coriandre .

C’etait sans compter sur Jojo le blaireau, X.B un français qui arriva au gîte avec ses gros(très) sabots.

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